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Epidémie de grippe aviaire A (H5N1)
Point au 24 AVRIL 2009.
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Epidémie de grippe aviaire A (H5N1)
Point au 24 AVRIL 2009
La menace de pandémie de grippe et de maladies émergentes
LE PROBLEME
La grippe pandémique et les autres maladies épidémiques émergentes font courir une grave menace à la vie, aux économies et à la sécurité dans un contexte de mondialisation croissante. L'impact des maladies épidémiques a augmenté spectaculairement au fur et à mesure que le monde est devenu de plus en plus interconnecté. Actuellement les compagnies aériennes transportent chaque année environ 1,6 milliard de passagers. Le commerce et les marchés financiers sont de plus en plus interdépendants. La flambée épidémique de SRAS survenue en 2003 a clairement mis en évidence que le monde était devenu plus vulnérable aux perturbations économiques et sociales lorsque des flambées épidémiques de maladies se produisent.
Lorsqu'elle surviendra, la première pandémie de grippe du 21e siècle pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour la vie humaine, la santé et l'économie mondiale. Il n'est pas possible de prévoir quand cette pandémie se produira ni quelle sera sa gravité, mais pour la première fois dans l'histoire le monde a l'avantage d'être alerté à l'avance qu'une pandémie est peut-être proche. Cet avantage doit être pleinement exploité pour renforcer la préparation mondiale à cette éventualité.
La prise de conscience, l'autorité et le soutien internationaux sont sans équivalent. La communauté internationale a fait montre d'une cooperation et d'une capacité d'action collective sans précédent face au SRAS, à la grippe et aux autres menaces qui pèsent sur la biosécurité. Les dirigeants du G8 ont relevé le défi des épidémies et des pandémies, assurant une direction politique et des investissement cruciaux. Il est capital qu'ils conservent leur rôle de chefs de file à l'avenir.
LES OPPORTUNITES / LES SOLUTIONS
- Les menaces biologiques sont diverses et imprévisibles mais elles peuvent être gérées: il est possible de mettre en place des capacités de base permettant de détecter et de réagir aux flambées épidémiques de maladies sur le plan national et international. L'infrastructure humaine et technologique, ainsi que la recherche et la mise au point de vaccines et de méthodes rapides de diagnostic peuvent contribuer à protéger les populations contre toutes les menaces de maladies infectieuses.
- L'endiguement du SRAS a été le fruit d'une coopération sans précédent entre les gouvernements qui a permis d'empêcher la maladie de s'ancrer dans la population humaine. Toutes les chaînes de transmission ont été interrompues dans les quatre mois qui ont suivi la détection de la flambée épidémique, faisant de cette maladie la première à être enrayée avant même d'avoir la possibilité de s'installer.
- Le Règlement sanitaire international (RSI) révisé en 2005 constitue un pas en avant important sur la voie d'une cooperation internationale et d'une action collective pour lutter contre la propagation des épidémies et des pandémies. Il comporte une stratégie unique pour « prévenir, protéger contre, combattre et assurer une riposte de santé publique à la propagation internationale des maladies. » Il accélérera la détection des flambées épidémiques, permettant de mettre en œuvre plus rapidement des mesures destinées à sauver des vies ainsi que d'alerter plus vite la communauté internationale sur l'évolution de la situation.
LES DEFIS
- Les épidémies associées à l'émergence et à la résurgence de maladies infectieuses se multiplient de manière sans précédent dans l'histoire. Depuis 2001, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a recensé plus de 1100 épidémies d'importance internationale.
- Plus de 70% des maladies nouvelles et émergentes proviennent d'animaux: cette réalité exige une meilleure collaboration entre le secteur de la santé animale et celui de la santé humaine sur le plan national et international, surtout dans les domaines de la détection, de l'évaluation des risques et de la réduction des risques.
- Les systèmes nationaux de santé publique sont faibles dans de nombreuses régions et sont mis encore davantage sous pression par la pauvreté et l'instabilité politique. Le manque de surveillance des maladies et de capacité de riposte dans une partie du monde constitue une menace pour l'ensemble de la planète. Il est vital pour la sécurité sanitaire mondiale que l'on investisse dans de puissants systèmes d'alerte et de riposte.
- Un système mondial efficace d'alerte et de riposte a été mis au point avec l'appui des pays du G8 mais il nécessite des investissement supplémentaires. Il passe notamment par une surveillance électronique ininterrompue des rumeurs concernant des événements épidémiologiques inhabituels et par le recours aux instituts partenaires du Réseau mondial d'alerte et d'action en cas d'épidémie, afin d'assurer qu'une "force de frappe" d'experts techniques soit prête à riposter en quelques heures à des flambées épidémiques.
LE ROLE DE L’OMS
- Nous disposons pour la première fois d'un préavis d'alerte à la pandémie: l'OMS collabore avec les pays du G8 pour faire face à cette menace qui pèse sur la vie et la santé grâce aux interventions sanitaires suivantes: réduction de l'exposition humaine à la grippe aviaire; renforcement des systèmes d'alerte précoce; intensification de l'endiguement précoce, développement des capacités à affronter une pandémie et coopération scientifique pour élaborer des solutions à long terme. Ce plan a besoin de US$ 50 millions supplémentaires en 2006–2007.
- L'OMS est responsable de la mobilisation rapide du Réseau mondial d'alerte et d'action pour enquêter et riposter au plus vite aux flambées épidémiques de maladies infectieuses émergentes à la demande des gouvernements.
- L'OMS assure aux gouvernements des évaluations régulières et continues des risques par des experts, afin de leur permettre de riposter efficacement aux menaces pour la santé humaine telles que la grippe aviaire.
- L'assistance d'experts peut également être fournie aux gouvernements pour renforcer les systèmes d'alerte précoce et les capacités d'endiguement, ainsi que pour les préparer en cas de danger mondiaux tels qu'une pandémie de grippe aviaire.
La grippe aviaire situation
Grippe aviaire - situation en Egypte - bulletin No.12
21 avril 2009 --
Le Ministère égyptien de la santé a notifié deux nouveaux cas humains confirmés de grippe aviaire.
Le premier a touché une femme enceinte de 25 ans du district d'El Marg, dans le Gouvernorat du Caire. Les symptômes sont apparus le 6 avril et la malade a été admise à l'hôpital universitaire d'Ain Shams le 11 avril où elle reçoit de l'oseltamivir depuis le 16 avril. Elle est dans un état critique. L'enquête sur la source de l'infection fait apparaître qu'elle a été en contact étroit avec des volailles malades avant d'être elle-même atteinte.
Le second cas concerne une jeune enfant âgée de 18 mois du district de Kellin, dans le Gouvernorat de Kafr Elsheikh. Les symptômes sont apparus le 15 avril et la malade a été admise à l'hôpital de Kafr Elsheikh le 18 avril où elle reçoit de l'oseltamivir depuis le jour de son arrivée. Elle est dans un état stable. L'enquête sur la source de l'infection fait apparaître qu'elle a été en contact étroit avec des volailles malades et mortes avant d'être elle-même atteinte.
Dans les deux cas, l'infection par le virus H5N1 de la grippe aviaire a été confirmée par le Laboratoire central égyptien de la santé publique puis par la U.S. Naval Medical Research Unit No. 3 (NAMRU-3).
Sur les 66 cas confirmés à ce jour en Egypte, 23 ont été mortels.
La grippe aviaire infomations
La grippe aviaire est une infection par un virus grippal qui comprend plusieurs genres (ou types) dont influenza virus A. Celui-ci est divisé en sous-types parmi lesquels H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d'oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse, surtout chez les poulets et les dindes, et peut entraîner une mortalité extrêmement élevée, en particulier dans les élevages industriels. Le virus influenza aviaire infecte parfois d'autres espèces animales, notamment le porc. Les canards domestiques, chez qui l'infection est le plus souvent asymptomatique, pourraient jouer un rôle important dans la dissémination du virus en servant de réservoir silencieux.
Les virus de la grippe aviaire peuvent exceptionnellement être transmis à l'homme. Cette transmission s'effectue essentiellement lors de contacts fréquents et intensifs avec des secrétions respiratoires et des déjections d'animaux infectés. Le tableau clinique chez l'homme est marqué par une infection respiratoire aiguë sévère, d'évolution souvent fatale. L'infection peut également prendre d'autres formes cliniques (digestives, par exemple), voire être asymptomatique. Le diagnostic biologique est réservé à certains laboratoires spécialisés. Des traitements antiviraux peuvent, dans certaines situations, avoir une certaine efficacité en prévention ou dans la prise en charge thérapeutique.
Le risque majeur représenté par les virus aviaires A(H5N1) est qu'ils s'adaptent à l'homme et qu'une transmission interhumaine s'installe. Ce virus peut s'adapter de deux façons : soit en mutant progressivement, soit en se recombinant avec une souche virale humaine. Cette recombinaison pourrait survenir chez un hôte intermédiaire (porc) ou chez l'homme à l'occasion d'une co-infection. Une souche recombinée ou qui aurait mutée pourrait acquérir une capacité de transmission interhumaine. Le risque de dissémination deviendrait alors important, compte tenu de l'absence d'immunité de la population mondiale vis-à-vis de cette nouvelle souche.
En décembre 2003, une souche virale de type A(H5N1) hautement pathogène a été identifiée dans des foyers de grippe aviaire en République de Corée et signalée à l'OIE (Organisation mondiale de la santé animale). De nombreux autres foyers aviaires causés par ce virus ont été depuis identifiés dans plusieurs pays d'Asie, d’Europe et d’Afrique. Cette épizootie a été à l'origine de plusieurs centaines de cas humains (voir situation épidémiologique) dans les pays touchés.
Situation de l'épizootie A(H5N1) (épidémie animale)
Depuis le début de l'épizootie (décembre 2003), 58 pays ou territoires ont notifié des infections chez des oiseaux sauvages ou d’élevage : Afghanistan ; Albanie ; Allemagne ; Arabie Saoudite ; Autriche ; Azerbaïdjan ; Birmanie ; Bosnie-Herzégovine ; Bulgarie ; Burkina Faso ; Cambodge ; Cameroun ; Chine ; Chypre ; Côte d’Ivoire ; Corée du Sud ; Croatie ; Danemark ; Djibouti ; Egypte ; Espagne ; France ; Géorgie ; Grèce ; Hong-Kong ; Hongrie ; Inde ; Indonésie ; Irak ; Iran ; Israël ; Italie ; Japon ; Jordanie ; Kazakhstan ; Koweït ; Laos ; Malaisie ; Mongolie ; Niger ; Nigeria ; Palestine ; Pakistan ; Pologne ; Roumanie ; Royaume-Uni (Ecosse) ; Russie ; Serbie ; Slovaquie ; Slovénie ; Soudan ; Suède ; Suisse ; Thaïlande ; Tchéquie ; Turquie ; Ukraine ; Vietnam.
Sur le continent européen, des épizooties dues au virus A(H5N1) ont touché des élevages de volailles dans 12 pays : Albanie, Allemagne, Chypre, Danemark, France, Hongrie, Roumanie, Russie, Serbie, Turquie, Ukraine et Suède.
Par ailleurs, des oiseaux sauvages ont été trouvés porteurs du virus A(H5N1) dans 13 autres pays d’Europe à ce jour : Autriche, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Espagne, Grande-Bretagne, Grèce, Italie, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Suisse et Tchéquie.
L’infection par le virus a également été identifiée chez un chien en Thaïlande, et chez des chats domestiques en Allemagne, en Autriche, en Roumanie, en Irak et en Indonésie. Des infections chez des félins avaient déjà été identifiées en Asie en 2003-2004. Aucun de ces cas n'a été à l'origine d'une transmission documentée à l'homme.
Une infection a également été documentée chez des mustélidés (vison et fouine) en Allemagne et en Suède. Ces animaux sauvages très sensibles aux virus de la grippe se sont probablement infectés en mangeant des cadavres d’oiseaux porteurs du virus.
Un point actualisé de la situation mondiale de l’épizootie est disponible dans le dernier Bulletin hebdomadaire international ( http://www.invs.sante.fr/international/index.htm ).
Situation des cas humains
En Asie - A ce jour, des cas humains ont été identifiés dans 5 pays d’Extrême Orient (dont 4 en 2006) : le Cambodge, la Chine, l’Indonésie, la Thaïlande et le Vietnam.
Au Moyen Orient / Caucase - Depuis le début de l’année 2006, des cas humains ont été confirmés par l’OMS dans 3 pays de cette région du monde : l’Azerbaïdjan, l’Irak et la Turquie.
En Afrique - Depuis le début de l’année 2006, des cas humains ont été notifiés dans 2 pays africains : Djibouti et l’Egypte.
Un récapitulatif actualisé des cas humains de grippe à A(H5N1) confirmés biologiquement et notifiés à l’OMS est disponible dans le dernier Bulletin hebdomadaire international ( http://www.invs.sante.fr/international/index.htm ).
Pour la plupart des cas humains décrits, la contamination a pour origine des contacts avec des animaux malades ou morts, ou avec leurs déjections. Néanmoins, une trentaine d'épisodes de cas groupés familiaux ont été décrits depuis le début de l'épidémie en Azerbaïdjan, au Cambodge, en Chine, en Egypte, en Indonésie, en Irak, en Thaïlande, en Turquie, et au Vietnam. Pour une dizaine d’entre eux, une transmission interhumaine limitée était fortement suspectée. Toutefois, cette possible transmission interhumaine est restée limitée et n'a pas donné lieu jusqu'à présent à une transmission communautaire.
A ce jour, les informations dont l’InVS dispose sur les nouveaux cas notifiés n’apportent aucun élément en faveur d’une modification des modes de transmission de la maladie. Selon l’OMS, le niveau d’alerte pandémique reste inchangé (phase 3).
Les mesures de contrôle
Sur le plan animal, les mesures recommandées consistent en une mise en quarantaine des foyers animaux identifiés, puis leur abattage, ainsi que celui des animaux potentiellement exposés. Afin d’éviter une contamination de ferme à ferme, il est nécessaire d’appliquer rigoureusement des procédures de décontamination du matériel utilisé dans ces fermes (vêtements, voitures…). Une conférence internationale, sous l’égide de l’OMS, de l’OIE et de la FAO, s’est tenue en juillet 2005 afin de statuer sur les mesures nécessaires pour prévenir la transmission du virus. Les principales recommandations insistaient sur la nécessité d’élever les différentes espèces animales séparément, en évitant notamment tout contact entre les volailles et les porcs, de mener de larges campagnes de vaccination sur ces animaux dans les zones à haut risque de transmission, et d’encourager les éleveurs à signaler les cas suspects de grippe aux autorités en prévoyant un dédommagement adéquat pour le préjudice financier subi en cas d’abattage.
Sur le plan humain , des mesures de précaution individuelles sont recommandées pour les personnes exposées à des volailles infectées. De même, pour les voyageurs se rendant dans des zones où il existe des foyers animaux, il convient de respecter certaines précautions (http://www.grippeaviaire.gouv.fr). A l’heure actuelle, il n’existe aucun vaccin humain contre la grippe aviaire A(H5N1)
Le risque de pandémie grippale est pris en compte par les pays de la Communauté Européenne, et notamment par la France qui dispose d’un plan gouvernemental de lutte élaboré dans la perspective d’un tel événement ( http://www.grippeaviaire.gouv.fr).
Pour plus d’informations (en particulier sur les mesures de précautions à prendre pour les voyageurs en Asie) :
- le site du ministère de la Santé et des Solidarités : http://www.sante.gouv.fr/
- le site de l’Organisation mondiale de la santé : http://www.who.int/csr
- le site de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) : http://www.oie.int/fr/fr_index.htm
- la conduite à tenir devant un cas suspect de grippe aviaire (document à l’attention des professionnels de santé).
- les documents postés dans les aéroports à l’attention des voyageurs se rendant dans un pays affecté par la grippe aviaire : http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/grippe_aviaire/affiches.htm
- le site de l'European Centre Disease Prevention and Control (ECDC) : http://www.ecdc.eu.int/
- l'agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) : http://www.afssa.fr/